Spécial Dossier

L’EUROPE, Le Maghreb : La Méditerranée.

D.Samir FOUAD

 

« E pluribus Unum », littéralement «de plusieurs un seul » peut constituer un cadre de référence pour le développement d’un partenariat durable entre l’Europe et les Pays du Maghreb. Malgré les différences historiques, économiques, sociales et politiques entre les deux rives la nécessité de créer et instituer une relation forte et stable est une constante aujourd’hui.

Autant d’intérêts communs, autant de dangers communs que les deux acteurs ne peuvent plus attendre l’imprévisible des décennies futures.

 Si tout le monde est d’accord pour que cette coopération naisse, beaucoup ne le sont pas sur la manière de sa concrétisation.

 

Quelle est la sécurité durable désirée? Dans quelles perspectives ? Quels sont les menaces? Comment y arriver ? Et avec quels interlocuteurs ? Autant de questions qui s’imposent et méritent la peine de réfléchir sérieusement dans un contexte local et international complexe  ou les défis et les enjeux sont majeurs.

Pour une sécurité durable au Maghreb il est nécessaire d’appréhender la conjugaison sur le terrain de trois critères fondamentaux, qui sont le passé, le présent et le futur.  Trois critères essentiels  à prendre en considération dans toute approche de développement. 

Dans ce sens, une sécurité durable au Maghreb commence par une coopération durable dans la région, et ne peut pas être conçue sans une conscience du passé historique et culturel des deux parties. Une telle conscience doit être axée sur l’encouragement  de la connaissance des peuples, des individus et des institutions. La connaissance, le dialogue, l’échange, le respect, la tolérance, l’estime sont les valeurs de base qu’il faut inculquer et cultiver.

La favorisation des centres de recherches, des associations civiles, des instituts de coopérations doit proliférer. L’organisation de séminaires, de colloques, d’activités culturelles et artistiques rendra le dialogue et la coopération possible et compréhensible pour tous.

La Maghreb constitue un puzzle de pays en voie de développement, avec de nombreux  conflits, de tensions et d’inégalités qui nécessitent beaucoup d’efforts locaux et un appui européen. La pauvreté, la sécheresse, la corruption, l’analphabétisme, l’immigration, le terrorisme, la pollution, les dictatures : sont des réalités à prendre en considération dans le processus de changement.

Depuis 1989 date de création de l’UMA1 (Union du Maghreb Arabe), le statut d’un Maghreb uni est  quasi gelé. Les conflits politiques entre ses membres constituent une entrave au  développement économique de la région.

Le Maghreb  couvre une superficie d'environ cinq millions de km² partagés entre le bassin méditerranéen et les régions sahariennes et avec une population d’environ 90 millions d’habitants. Une région à fort potentiel   humain et richesses  naturelles qui lui permettent de développer son économie.

La vision d’un développement régional intra-magrébin paraît prioritaire et fondamental dans le développement d’une dynamique de coopération durable Euro-méditerranéenne.  Si  L’UMA est sans effet aujourd’hui c’est parce que le lourd champ de conflits de la zone entrave toutes les initiatives de coopération régional.

Le conflit du Sahara, qui date de plus de 30 ans, constitue le principal obstacle pour l’union du Maghreb, mais aussi une grande menace stratégique pour la sécurité de l’Europe.  Ce conflit a un important coût multidimensionnel sur le plan humain, économique et politique tant pour le Maghreb que pour l’Europe2.  L’immigration, le terrorisme et la drogue ne sont que quelques manifestations de ce conflit dans la scène locale et internationale.

Une ignorance du conflit n’est plus permise si l’engagement de l’Europe est réel dans cette région. La continuité du conflit constituera, sans doute,  une déstabilisation de la région et une grande menace pour la sécurité de l’Europe en ce qui concerne le terrorisme en premier lieu, et une suite de tensions stratégiques au Proche Orient.

 

La proposition de la part du Maroc, depuis 2007, d’un « plan d’autonomie pour le Sahara» semble  réaliste et convaincante au jour d’aujourd’hui, ça peut être le cadre le plus adéquat pour apporter une réponse proportionnée et collectivement négociée. Une grande partie de la communauté internationale soutien le maintien de ce plan comme un bon départ dans les négociations à ce sujet3.

Sur ce point quelques recommandations d’une étude du Collège de Défense de l’OTAN concernant la sécurité durable au Kosovo4 peuvent être tout à fait applicables au conflit du Sahara :

- favoriser une ambiance de réconciliation à travers les négociations et les rencontres.

- Retrouver la mémoire et rechercher dans l’histoire les moments de paix.

- Regarder vers l’avenir pour rendre la réconciliation possible.

- se focaliser sur la crise actuelle exclut l’histoire et l’avenir et rendra l’affrontement comme une fatalité.

 

Dans cette optique parler d’une sécurité durable au Maghreb ne peut être envisagé sans une stabilité durable de ces pays. La stabilité est un facteur garant pour la création des circonstances favorables au progrès.  L’absence de telle stabilité n’aura qu’une conséquence directe : « l’instabilité ».

L’Europe est appelée a être claire et décidée dans sa volonté de garantir stratégiquement sa sécurité et son économie à travers un engagement de collaboration durable «gagnant-gagnant » avec le Maghreb et  par une analyse  pertinente et consciente des enjeux et des menaces. Une Collaboration qui ne peut avoir d’objet sans la présence des Etats Unis qui ne dissimule pas son grand intérêt pour le Maghreb : une étude approfondie réalisée en 2008 par le Peterson Institute for International Economics souligne les avantages que produiraient une intégration économique régionale et une coopération atlantique accentuées5 des Etats Unis avec le Maghreb.

L’échec ou la réussite d’une sécurité durable dans le Maghreb aura un impact immédiat et pesant sur la stabilité socio-économique de la région, sur la sécurité interne et stratégique de l’Europe et sur l’exacerbation du conflit israélo-arabe en Proche Orient. L’importance d’une zone euro-méditerranéenne dépasse largement, en terme stratégique, la région avec un rayonnement qui peut assombrir ou illuminer les régions  voisines.

 

Samir.FOUAD

Chercheur

Université Cadix

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1-Voir le site de l’UMA : www.maghrebarabe.org/fr/

2-Voir le rapport de l’IFRI : Sahara occidental : le coût du conflit Crisis Group, Rapport Moyen-Orient/Afrique du Nord N°65, 11 juin 2007 

3-Voir http://www.plan-autonomie.com

4-Collège de Défense de l’OTAN «Promouvoir la sécurité durable », Rome, P : 21,2006

5- Les menaces… Pour un engagement efficace des États-Unis en Afrique du Nord
Traduction : Myriam ZGUENDI, La Gazette du Maroc, 24 avril 2009

Espoir banlieues, Une dynamique pour la France :

Les banlieues en France sont la parfaite illustration de la menace qui guette la cohésion sociale. Elles sont considérées comme des zones urbaines qui concentrent la marginalisation et l'exclusion sociales. En effet, la violence, le chômage, les difficultés scolaires, l'économie souterraine sont les traits saillants des banlieues, ces dernières semblent être de plus en plus détachées du reste de la société française.

Avant de traiter le projet de réforme « Espoir Banlieues, une dynamique pour la France ». Il est nécessaire de retracer l'histoire des banlieues afin de déceler la complexité économique et sociale de celles-ci.

Étymologiquement, la banlieue désignait le territoire situé dans un rayon d'une lieue (ancienne mesure de distance qui correspond environ à 4 Km) autour de la ville et qui était soumis au « ban », c'est-à-dire à la juridiction de ladite ville. Le ban peut avoir trait aussi à une condamnation à l'exil, au bannissement du lieu que sont les centres-villes. A l'état actuel, la banlieue peut être définie comme étant une zone périphérique urbanisée entourant une grande ville. En France, ce terme est apparue pour la première fois à Paris, puis s'est généralisé à toutes les grandes agglomérations.

Le terme « banlieusard » désignant un habitant de la banlieue a aussi une connotation assez péjorative : « Depuis longtemps, la qualité de banlieusard est plus attribuée que revendiquée, et elle comporte une connotation de distance sociale autant que spatiale. Le train de banlieue n'évoque pas le summum de la vitesse et du confort ; le pavillon de banlieue ne constitue pas l'archétype d'un habitat de qualité » (Jean-Claude BOYER, 2000)

Le développement des banlieues est étroitement lié à celui des centres-villes et aux moyens de communication qui permettent de les relier. Il donne lieu à des mouvements de va- et-vient pendulaires quotidiens de populations résidant en périphérie et venant travailler dans le centre de l'agglomération. Ces mouvements sont assurés en grande partie par des trains de banlieue. Les banlieues sont donc cantonnées au rôle de dortoir.

 Historique des banlieues:

Au XIXe siècle, la révolution industrielle a développé les villes. Les terrains se situant au centre-ville deviennent de plus en plus chers, les populations les plus démunies ont été obligées de quitter les villes et de s'installer dans les périphéries. On parle alors de la ségrégation des populations pauvres : « L'extension des grandes villes modernes confère au terrain dans certains quartiers, surtout dans ceux situés au centre, une valeur artificielle, croissant parfois dans d'énormes proportions ; les constructions qui y sont édifiées, au lieu de rehausser cette valeur, l'abaissent plutôt, parce qu'elles ne répondent pas aux conditions nouvelles ; on les démolit donc et on les remplace par d'autres. Cela a lieu surtout pour les logements ouvriers qui sont situés au centre et dont le loyer, même dans les maisons surpeuplées, ne peut jamais, ou du moins qu'avec une extrême lenteur, dépasser un certain maximum. On les démolit et à leur place on construit des boutiques, des grands magasins, des bâtiments publics... Il en résulte que les travailleurs sont refoulés du centre des villes vers la périphérie, que les logements ouvriers, et d'une façon générale les petits appartements, deviennent rares et chers et que souvent même ils sont introuvables. Car, dans ces conditions, l'industrie du bâtiment, pour qui les appartements à loyer élevé offrent à la spéculation un champ beaucoup plus vaste, ne construira jamais qu'exceptionnellement des logements ouvriers »( Frédéric Engels, 1873)

En France, les premières prémices des banlieues débutent en 1894, date de la loi Siegfried, encourageant la construction des habitations à bon marché [HBM] assurée par des sociétés de droit privé. L'intervention directe de l'Etat en matière d'aménagement urbain est esquissée à partir de 1928, période de l'entre-deux-guerres, avec d'une part la loi Sarrault en mars qui lutte contre l'urbanisation anarchique qui caractérisait à l'époque les banlieues et d'autre part la loi Loucheur en juillet qui finançait la construction de 200 000 HBM et de 60 000 logements destinés à la classe moyenne.

Après la seconde guerre mondiale, la France connaît un énorme chantier de reconstruction. Une demande pressante se fait sentir dans le secteur du bâtiment. Bénéficiant d'une large ligne de crédit grâce au plan Marshall, l'Etat relance le secteur du bâtiment. La loi du 3 septembre 1947, crée les logements à loyers modérés [HLM] remplaçant ainsi les HBM et élargit le réseau des sociétés de crédit immobilier [SCI] pour l'accession à la propriété. Une large série de construction de « grands ensembles » s'effectue à la hâte sans accorder d'importance au long terme. En effet, entre le début des années cinquante et le milieu des années soixante-dix 7 millions de logement sont édifiés. Les superficies étaient donc considérables, il fallait tout naturellement trouver des terrains à bas prix, et par voie de conséquence, les nouvelles constructions étaient éloignées des centres urbains.

La période de rénovation urbaine coïncide avec la reprise de l'immigration visant à combler la carence de la main d'œuvre. La rénovation urbaine a pour mission de moderniser l'habitat « populaire », en éradiquant les taudis. Les « grands ensembles » sont considérés comme une promotion sociale pour les ménages modestes. A partir de 1961, des programmes sociaux de relogement [PSR] sont crées, les premières « cités de transites » sont crées pour accueillir « provisoirement » les familles les plus vulnérables principalement les familles maghrébines. Ces familles issues de l'immigration sont victimes de plusieurs traitements discriminatoires. Car elles représentaient, semble-t-il, une menace pour les projets de rénovation urbaine. « La stratégie visant à élever la valeur sociale et symbolique de la commune, c'est-à-dire à opposer au stigmate de la banlieue prolétaire une représentation plus digne de la condition ouvrière, suppose en effet de construire une bonne image du groupe. (...) Or, massivement embauchés comme OS et manœuvres, les immigrés appartiennent aux fractions les plus déqualifiées et les moins considérées du groupe ouvrier et sont éloignés du modèle de respectabilité ouvrière que les élus défendent, en raison de leurs conditions de travail et d'existence mais aussi de leur statut d'immigrés et de leur mauvaise réputation héritée de la colonisation. D'une certaine manière, ils contreviennent au but poursuivi de promotion collective de la classe ouvrière»( Olivier Masclet, 1975)

Dans les villes ouvrières comme celle de Gennevilliers, les offices HLM réservent dans un premier temps en priorité les logements sociaux aux « Français » modestes. Dans un contexte où la concurrence est rude pour l'obtention de ces logements, les immigrés maghrébins, en majorité algériens, bien qu'étant considérés comme faisant partie de la classe ouvrière ne sont pas traités sur le même pied d'égalité que les ouvriers français. Pire encore, les ouvriers immigrés sont rejetés même par les élus communistes qui revendiquent pourtant les droits de la classe ouvrière.

Ainsi, à l'antagonisme entre la classe ouvrière et le patronat s'ajoute un antagonisme entre les ouvriers de pur souche « Français » et les ouvriers issus de le l'immigration. En effet, les premiers disposent du droit de vote et sont défendus par les syndicats et les élus communistes. En revanche, les seconds sont exclus de toute participation citoyenne. Ainsi des HLM d'une qualité inférieure telles que la cité d'urgence, cité de transit puis les HLM à normes réduites ont pris la charge d'accueillir les familles immigrées.

Au milieu des années soixante-dix, les constructions HLM commencent à décroître. Les loyers grimpent, la crise économique structurelle pousse L'Etat à se désengager du financement des logements sociaux. La loi Barre, promulguée en 1974, commence alors à encourager les ménages à s'orienter vers le marché privé de logement. La classe moyenne, les employés et la classe ouvrière supérieure sont encouragés à quitter les logements HLM pour devenir propriétaires de petits pavillons relevant du secteur privé. Ce qui a provoqué un départ massif des ménages les moins vulnérables. Les HLM deviennent des ghettos concentrant une population très appauvrie composée principalement d'immigrés, elle est qualifiée d' « indésirable » et « à problème ». Des émeutes urbaines commencent à surgir dès 1979 dans la banlieue de Lyon, des jeunes affrontent les forces de l'ordre et incendient des voitures, depuis les émeutes n'ont cessé de se produire dans diverses banlieues.

A présent, les ghettos couvrent d'opprobre la France. Les gouvernements qui se succèdent tentent d' « en finir avec les ghettos » et de renouer avec une cohésion sociale solide par le biais de la mixité sociale et la promotion de l'égalité des chances. Cependant les différentes réformes inhérentes aux banlieues s'attaquaient plus aux conséquences qu'aux causes des ghettos. La dernière réforme en vue est : « Espoir Banlieue, une dynamique pour la France » présentée par le président de la république Nicols Sarkozy le 8 février 2008. Cette réforme est-elle capable d'en finir réellement avec les ghettos ? Ou bien les banlieues seraient-elles condamnées à panser leurs plaies en silence à tout jamais ?

 Espoir Banlieues :

Depuis 30 ans, la France a été la scène d'une multitude de « plans banlieues » qui n'ont été que des séries de mesures éparses, totalement incohérentes, et surtout sans traitement de fond des conditions qui sont à l'origine des problèmes des banlieues. Malgré l'ampleur des financements, la situation est telle que les résultats escomptés n'ont pas été au rendez-vous. Pis encore, la situation s'est au contraire aggravée.

Le plan « Espoir banlieues » se fixe deux principaux objectifs :

o Un contrat « donnant-donnant » qui épaule uniquement les habitants qui veulent s'en sortir. Les droits doivent aller de pair avec les devoirs. En cela, rien n'est faisable sans l'impulsion et la responsabilisation des personnes bénéficiaires des politiques publiques.

o La Réinsertion de tous les quartiers dans la République. En effet, la banlieue ne doit plus être un ghetto urbain, culturel ou mental, mais elle doit, au contraire, devenir comme le reste du territoire.

En effet, pour atteindre ces objectifs une série de démarches seront prévues. Le ministère de la ville n'est plus le seul tenu responsable des problèmes des banlieues. Désormais tous les ministères sont mobilisés, chacun dans son domaine aura un objectif à remplir pour réduire l'écart cumulé des « quartiers sensibles » par rapport au reste du territoire. En effet, les membres du gouvernement seront mobilisés jusqu'au 30 juin 2008 en faveur des quartiers sensibles. Chaque ministre présentera un programme de travail qui porte sur une durée de trois ans visant à réduire les écarts structurels entre les quartiers et le reste de la France.

 Axes:

Le plan « Espoir Banlieues, une dynamique pour la France » dispose d'une grande mobilisation de la part du gouvernement. Ce qui va lui permettre de développer une série de mesures qui tente de satisfaire les différentes attentes des habitants des banlieues. Lesdites mesures peuvent s'articuler autour de cinq volets :

+ L'éducation

+ L'emploi

+ Le financement des initiatives locales + La sécurité

+ Le transport

 L'éducation

L'éducation dans les banlieues reflète à bien des égards la situation lamentable de ces quartiers. L'éducation prioritaire [ZEP] instaurée dans ces zones n'a eu guère l'effet souhaité sur celles-ci. En effet, prenons quelques chiffres qui témoignent de cet échec : les familles qui disposent des ressources transfèrent leurs enfants vers d'autres établissements. A la fin, 90% d'élèves sont défavorisés et 80% d'élèves sont d'origine étrangère, c'est dire l'image dont pâtie les écoles faisant partie de l'éducation prioritaire « En France, après 25 années de politique d'éducation prioritaire, certains enfants cumulent encore tous les facteurs de réussite, et d'autres tous les facteurs d'échec. » Que prévoit donc le plan « Espoirs Banlieues » pour donner à l'éducation en banlieue ce qu'elle mérite ?

En premier lieu, 30 sites d'excellence seront créés dans les quartiers prioritaires. L'objet est de faire d'une pierre deux coups, en effet, d'une part l'amélioration des conditions d'enseignement et d'apprentissage et d'autre part redorer le blason des établissements scolaires. Ces établissements seront jumelés avec des établissements d'enseignement supérieur de renom ou des entreprises. Parmi les 30 sites figureront au moins six lycées professionnels qui seront labellisés « lycée des métiers ». Ces sites regrouperont des classes d'élites regroupant les élèves les plus brillants de chaque niveau et bénéficiant d'un enseignement d'excellence similaire à celui des meilleurs établissements. Ils pourront développer des filières à options prestigieuses (à titre d'exemple des filières bilingues et internationales) ou des enseignements à horaires aménagés favorisant les activités parascolaires telles que les pratiques sportives ou artistiques.

Afin de favoriser une vie scolaire de qualité, un renforcement de l'encadrement sera effectué dans ces établissements par la mise en place d'une équipe de soutien, ses missions principales seront la définition des démarches pédagogiques appropriées et assistance des équipes de direction dans l'élaboration de partenariats. En plus de cela, une banque de stages sera mise en place et sera gérée par l'équipe éducative, en lien avec des entreprises partenaires. Ce dispositif évitera les discriminations de toute sorte susceptibles d'évincer les élèves du fait de leur adresse ou de leur origine.

Cependant, il faut noter que 150 000 élèves sortent de l'école chaque année. Pour cette catégorie de jeunes, les sites d'excellence ne lui seront pas d'une grande utilité. C'est pour cette raison que le nouveau plan tente de généraliser l'école de la deuxième chance. Cette dernière dispense une formation de remise à niveau dans les savoirs fondamentaux (s'exprimer en français, compter, outil informatique...), en alternance avec des stages en entreprise, sur une durée maximale de 48 mois. Elle propose à chaque jeune un parcours individualisé, le temps de construire un projet professionnel et d'acquérir les savoirs et les compétences nécessaires à sa réalisation. L'objectif étant de déboucher sur une intégration durable dans l'emploi, les deux tiers des jeunes qui y passent accèdent au bout d'un an à un emploi ou une formation.

Le succès des écoles de la deuxième chance peut donc apporter un appoint solide au plan « Espoir Banlieues ». En effet, le développement des écoles de la deuxième chance profitera en priorité aux quartiers les plus difficiles. L'objectif est d'accueillir 15 000 à 20 000 jeunes à l'horizon 2012, avec une école par région comportant au moins un site par département, et autant de places que nécessaire là où les besoins existent. En outre, en mettant en place un système d'intervention précoce à l'égard des jeunes en situation d'échec, Les Ecoles de la deuxième chance pourront accueillir des jeunes dès 16 ans, c'est-à-dire à l'âge où beaucoup d'entre eux décrochent et quittent le système scolaire.

Afin de pérenniser ce projet, il est nécessaire de sécuriser son financement. Pour cette raison, les ressources des écoles de la deuxième chance seront accrues par une extension de la possibilité faite aux entreprises de les financer par la taxe d'apprentissage, au titre de la « catégorie A » du « hors quota » (soit la part de la taxe d'apprentissage destinée habituellement à financer les formations correspondant au BEP, CAP et baccalauréat). Cette ressource consolidera de manière décisive le financement du dispositif.

Par ailleurs, Certains facteurs nuisent à la réussite scolaire des jeunes de banlieue, comme les difficultés dans leur vie familiale ou dans leurs conditions de logement (problèmes conjugaux des parents, familles monoparentales, appartement exigu...). Dans des situations

pénibles et invivables, ces enfants ou adolescents sont livrés à eux-mêmes et quittent, dans la plupart des cas, l'école. Et si tel n'est pas le cas, ils ne pourront guère développer leurs capacités pleinement. Le travail éducatif entrepris dans leur établissement est en grande partie perdu et leur milieu familial est impuissant à les aider. Pour lutter contre cette injustice, le plan de la cohésion sociale a crée les internats de réussite éducative proposant un cadre de vie et de travail adapté, rassurant et stable avec des conditions d'encadrement et de soutien optimales. Cependant, leur nombre et leur capacité d'accueil sont insatisfaisants. De plus, ils ne sont pas bien répartis sur le territoire français. Afin de rectifier le tir, le plan « Espoir banlieue » table sur 4 000 places créées au sein des internats de réussite éducative dans l'espace de trois ans en s'appuyant sur des établissements aussi bien publics que privés, en créant de nouvelles places dans des collèges en reconstruction et en transformant des places existantes au sein d'internats publics et privés en places d'internat de réussite éducative et en garantissant une bonne couverture du territoire par le rééquilibrage de l'offre vers le grandes villes.

L'échec de la politique de sectorisation et de la politique d'éducation prioritaire a entraîné la constitution de véritables « ghettos » scolaires, y compris dans les écoles primaires. L'école en banlieue manque cruellement de mixité sociale. Ainsi, « pour un trop grand nombre de ces enfants, l'école primaire représente leur première expérience de l'échec. » (Présidence de la république française, 2008) L'échec s'installe d'une façon précoce et crée un sentiment de « relégation ». Les chances de rattrapage d'une mauvaise scolarité au primaire sont très minimes. La moitié des élèves qui sortent du système éducatif sans qualification ont redoublé avant leur entrée au collège. Le haut conseil de l'éducation a d'ailleurs rappelé, dans son rapport de 2007 sur l'école primaire, que « les chances d'accomplir une scolarité sans heurt et conduisant à une qualification sont très fortement liées au niveau initial des compétences en cours préparatoire. »

L'école primaire constitue donc dans les quartiers défavorisés le socle qui peut faire perdurer ou non l'ensemble du système scolaire. La nécessité d'explorer de nouvelles pistes se manifeste avec acuité pour que les enfants soient mis sur le chemin de la réussite dès l'école primaire. Tous les chercheurs et experts se sont convenus à dire qu'une solution innovante et efficace dans ce domaine serait de disperser les élèves en difficulté dans différents  établissements, plutôt que de continuer à les regrouper ensemble comme le fait la politique d'éducation prioritaire depuis une période de 25 ans.

Dans ce sens, Le « busing » consiste à déplacer les élèves scolarisés dans un établissement caractérisé par un fort échec scolaire dans d'autres écoles de la même ville afin de leur donner la possibilité de découvrir un autre environnement social et scolaire. Chaque matin, le transport scolaire (« busing ») amène les enfants dans leur nouvelle école, et les ramène le soir. Le « busing » sera expérimenté pendant trois ans avec des élèves de CM 1 et CM2 provenant d'écoles primaires des quartiers prioritaires. Les enfants concernés ne seront plus captifs de leur environnement immédiat et la mixité sociale à l'école deviendra une réalité. Cette expérimentation s'inspirera notamment des regroupements pédagogiques intercommunaux existant dans les zones rurales, en particulier celle menée à l'école primaire de la Saulaie à Oullins (Rhône), depuis 2004 celle-ci envoie ses élèves, une fois leur année de CE1 achevée, vers d'autres établissements à proximité.

L'emploi

200 000 jeunes de moins de 26 ans vivant dans les banlieues sont en situation de chômage dont 80 000 seulement qui suivent les circuits traditionnels de recrutement (ANPE). Il faut signaler que le boycott de ces circuits est dû principalement aux discriminations à l'embauche, le risque de marginalisation et d'éloignement durable du monde du travail est très élevé. La résolution de ce problème doit porter au-delà de la confrontation entre l'offre et la demande ou des mesures d'accompagnement dites « classiques ».

C'est dans cette optique que le plan « Espoir Banlieues » entend expérimenter un nouveau contrat dénommé « Contrat d'autonomie ». Il sera proposé à 45 000 jeunes, durant trois ans, dans une soixantaine de départements qui se caractérisent par des quartiers particulièrement marqués par le chômage. Le public ciblé sera tous les jeunes ayant moins de 26 ans sans emploi et domiciliés dans des quartiers difficiles, qu'ils soient ou non inscrits à l'ANPE ou dans une mission locale, au moins un tiers des jeunes pris en charge par les opérateurs devront être sans aucune qualification.

L'Etat sélectionnera par le biais d'un appel d'offre et selon des critères très rigoureux (rémunération selon le résultat obtenu, respect du cahier de charge...) les meilleures entreprises et organismes spécialisés dans le domaine de l'insertion professionnelle. Avec lesquels les jeunes signeront lesdits contrats comportant des droits et des devoirs afin de favoriser une insertion rapide des jeunes, les devoirs consistent à respecter certaines clauses du contrat comme l'assiduité, recherche active d'un emploi...

Les droits sont à la charge de l'entreprise d'insertion. En effet, celle-ci doit fournir au jeune un accompagnement personnalisé ainsi qu'un véritable coaching durant une période d'un an. Si l'expérience porte ses fruits, les « contrats d'autonomie » pourront être généralisés.

Le financement des initiatives locales:

Le tissu économique des zones urbaines sensibles [ZUS] (banlieues) est peu dense au regard du reste du territoire français. Cependant, l'initiative en matière de création d'entreprises y est très forte, 27% des habitants des ZUS ont l'intention de créer une entreprise ou de se mettre à leur compte, contre 20% pour l'ensemble de la population française11. Ce résultat peut trouver une explication par le biais de deux facteurs : d'un côté l'initiative est alimentée par la difficulté à trouver un emploi salarié, et de l'autre par dynamisme des jeunes habitants de ces quartiers. Malheureusement, cette initiative est étouffée pour plusieurs raisons, on peut citer à titre d'exemple le manque d'orientation, le faible accès aux organismes de crédits...et la liste est longue.

Le plan « Espoir Banlieue » se propose d'accompagner 20 000 jeunes créateurs d'entreprise issus des quartiers difficiles pendant une période de quatre ans, et ce avant la création et pendant les premières années de développement de leurs entreprises. Les principaux résultats à atteindre grâce à cet accompagnement sont :

o l'augmentation du taux d'entreprises pérennes trois ans après leur création, de 50% à 80%.

o l'augmentation du nombre d'emplois créés par chaque très petite entreprise.

o L'accroissement du niveau de revenu tiré de l'activité du créateur / repreneur qui est aujourd'hui en moyenne inférieur ou égal au RMI.

11 Sondage IFOP d'avril 2006.

Afin de mener à bon port ce projet, l'accompagnement sera confié à un opérateur professionnel (Maison de la création d'entreprise, CCI, collectivité, réseaux de l'accompagnement, etc.), qui fera guise de « guichet unique de l'accompagnement » et garantira un parcours complet d'accompagnement caractérisé par une lisibilité et une facilité d'accès. Les meilleurs opérateurs seront sélectionnés sur la base d'un cahier des charges qui définira les conditions d'exécution (compétences à mobiliser, coûts, indicateurs de performance) ainsi que le contenu et l'intensité (à adapter aux besoins spécifiques des créateurs) de ses interventions au service des créateurs : accueil, information, orientation, diagnostic des besoins, définition d'un plan d'accompagnement, mobilisation et/ou financement des expertises et actions de professionnalisation nécessaires, médiation bancaire, suivi individualisé.

 La sécurité :

La sécurité fait partie des aspirations les plus ressenties au sein des habitants des banlieues. En effet, la délinquance sévit sous toutes ses formes dans ces quartiers: vols, violence physiques et trafics de tout genre... pire encore, le gain de l'argent facile généré par les trafics par exemple bride la voie de la réussite via l'école. Pour mettre fin à cette situation, l'effort à consentir s'attellera à faire de la police un instrument procurant aux habitants de ces quartiers la sécurité à laquelle ils aspirent.

Ainsi, La création des unités particulièrement formées à l'activité en milieu difficile sera prévue. Lesdites unités porteront l'appellation suivante : « les unités territoriales de quartier ». La priorité sera attribuée aux quartiers qui ont été touchées de plein fouet par les violences urbaines, le domaine d'action desdites unités se restreindra au maintien de l'ordre, elles assureront une présence visible et dissuasive sur des points fixes. 200 unités territoriales de quartier sont prévues.

Afin de lutter contre la violence urbaine, des compagnies de sécurisation spécialisées, comptant plus d'une centaine d'hommes, seront créées, leur mission principale sera d'assurer un soutien de façon permanente à la police de quartier dans les secteurs et aux périodes les plus sensibles. La première compagnie verra le jour au cours du premier semestre 2008 en Seine-Saint-Denis.

Avec ces deux dispositifs et le renforcement en policiers de certains départements déficitaires, ce sont, en trois ans, 4 000 policiers qui s'ajouteront à ceux déjà chargés de la sécurité des banlieues.

La lutte contre l'insécurité bénéficiera aussi du plan de renforcement de la vidéo protection (multiplication des caméras sur la voie publique, généralisation des raccordements aux forces de sécurité).

En outre, Les groupes d'intervention régionaux [GIR] renaîtront de leurs cendres en vue de mener une lutte rigoureuse contre l'économie souterraine et toutes les formes de délinquance qui en découlent. « Afin de rétablir la loi de la République dans les quartiers où s'est imposée la loi de l'argent et de la violence. »

Il est important de signaler que toutes ces mesures ne pourront avoir lieu que si un lien de confiance s'établit entre la population et la police. Afin de renforcer ce lien, des réservistes expérimentés seront recrutés comme délégués à la « cohésion police - population », ils s'appuieront sur des « volontaires citoyens de la police nationale », autrement dit des habitants recrutés pour impliquer les habitants dans la sécurité de leur propre quartier.

Le transport :

Les moyens de locomotion constituent un moyen de communication avec le reste du territoire. Cependant, les zones urbaines sensibles sont mal desservies par les transports en commun, sachant qu'un bon nombre de ses habitants utilisent fréquemment ces derniers, des statistiques montrent que 34% des habitants des zones urbaines sensibles (ZUS) utilisent les transports en commun pour se rendre à leur travail ou à leur lieu d'études, contre 20% pour ceux qui résident dans les autres quartiers de l'agglomération.

Le manque des moyens de transports constitue ainsi une entrave pour les habitants des banlieues qui les empêchent d'accéder facilement aux zones d'activité économique ainsi que les équipements publics.

A titre d'exemple, le département de la Seine-Saint-Denis rencontre plusieurs difficultés pour relier certaines communes aux centres d'activité économique ou de formation, tels que l'aéroport de Roissy (pôle de 100 000 emplois) ou les grandes universités (Villetaneuse, Saint-Denis) ce qui aboutit à une situation paradoxale : certes, les entreprises sont nombreuses dans le département, toutefois le niveau de chômage demeure élevé, surtout dans les zones urbaines sensibles.

L'enclavement a donc une large contribution s'agissant du renforcement de la fracture entre les banlieues et le reste de la ville, et explique l'aversion des investisseurs pour certains quartiers, car la faiblesse voire l'absence de moyens de transports collectifs desservant ces quartiers apparaît comme une contrainte supplémentaire qui aboutit toujours à éloigner les entreprises et les commerces de ces zones, et ce de façon structurelle.

Malgré la décentralisation du secteur de transport, l'Etat s'engagera financièrement dans le désenclavement des quartiers en difficulté à hauteur de 500 millions d'euros, en leur réservant une partie des financements prévus par le Grenelle de l'environnement pour des infrastructures de transports.

La mobilisation du financement s'étalera sur cinq ans et se fera sur la base d'un appel à projet lancé par le ministère de l'Ecologie, du développement et de l'aménagement durables et le ministère de la ville dans le deuxième trimestre 2008 auprès des autorités organisatrices de transport (AOT) locales.

Le financement des opérations donnera lieu à des conventions spécifiques entre l'agence de financement des infrastructures de transport (AFIT) et les AOT compétentes au cas par cas. Compte tenu des particularités de l'Ile-de-France (rôle du Syndicat des transports d'Ile-de-France qui est une AOT régionale), la gestion sera différente pour cette région.

L'engagement de l'Etat vise à réaliser des projets structurants et emblématiques de transports en site propre pour les quartiers (tramway T4 à Clichy et Montfermeil ; réalisation du barreau de Gonesse raccordant les Réseau Express Régional (RER) B et D), mais également à financer rapidement, d'ici la fin de l'année, des projets permettant des améliorations visibles sur certains sites (sécurisation de gares, création de voies de bus).

Limites :

Le plan « Espoirs Banlieues », apparenté au plan Marshall par ses auteurs, traite de nouveaux volets tels que la sécurité et le transport certes, mais est-il vraiment un point de rupture avec les plans qui l'ont précédés ?

De prime abord, ledit plan s'appuie sur une base fort déplorable à savoir le contrat « donnant-donnant », qui n'est là que pour aider les personnes qui veulent s'en sortir. Que doit-on faire alors pour les personnes qui ne peuvent pas s'en sortir ? Sont-elles de facto éliminées par le Plan ? Où sont passées les valeurs républicaines françaises qui protègent tous les citoyens, y compris ceux qui sont les plus vulnérables ?

De surcroît, l'évolution de la dénomination des banlieues renseigne sur la place de celles-ci au sein du territoire français. En effet, longtemps qualifiées de quartiers pourris, à problème et parfois indésirables etc., elles sont désormais qualifiées de « zones urbaines sensibles ». Toutefois elles sont encore loin d'être considérées comme des quartiers faisant partie intégrante du territoire français.

Par ailleurs, Le Plan « Espoir banlieues » a critiqué lui-même les précédents plans et réformes en les traitants de catalogues de séries dispersées et sans traitement de fond. Cependant, force est de constater que ledit plan ne sort guère du lot et abonde dans le même sens des plans qui l'ont précédés.

En effet, concernant l'éducation, le Plan ne fait que recycler quelques anciennes mesures appartenant, pour l'essentiel, au plan de cohésion sociale. De plus, l'ensemble des mesures, présentées par le nouveau plan concernant l'éducation est discutable, à titre d'exemple, l'école de la deuxième chance n'est peut-être pas la meilleure des solutions pour lutter efficacement contre l'échec scolaire. Ne serait-il pas plus judicieux de rénover et de réhabiliter l'école de la « première chance » avant?

Une fois de plus, tous les volets présentés par le plan « Espoir Banlieues, une dynamique pour la France » ne traitent guère le noyau du problème, et se contentent seulement de lutter contre les conséquences apparentes. Pire encore, il s'appuie sur une base discriminatoire qui prend en main ceux qui « méritent » et laissent tomber ceux qui ne « méritent » pas.

La seule singularité qu'on peut accorder au nouveau plan est la sollicitation massive du secteur privé. Etant donné que l'Etat a montré ses limites, le secteur privé pourrait apporter un nouveau souffle. Seulement, il est utile de rappeler que le mot d'ordre du secteur privé est le profit financier, il est donc fort probable que les entreprises manifesteront une aversion à l'égard de cette sollicitation et n'accepteront pas de faire le travail au lieu de l'Etat, si cette démarche s'avère peu lucrative. Si tel est le cas, le plan « Espoir Banlieues » restera lettre morte.

En définitive, « Espoir banlieue » est une vision très subjective sur les banlieues qui scindent ses habitants en deux catégories : ceux qui méritent et ceux qui ne méritent pas. En oubliant que les violences, l'échec scolaire, le chômage des jeunes sont la résultante de l'environnement urbain dans lequel ces habitants vivent. Ainsi, peut-on avancer que ce plan ne vise pas à renforcer réellement la cohésion sociale.

 Source : « La cohésion sociale en France et au Maroc »
par O.G
Université Mohammed V Souissi